Voici ce que nous disait Nouriel Roubini à Aix-en-Provence le 9 juillet 2012. “D’ici à 2013, la capacité des politiques à botter en touche sera épuisée et, dans la zone euro, le déraillage lent se transformera en déraillage rapide. Les Etats-Unis semblent proches d’une récession économique. L’atterrissage de la Chine devient plus rude et les pays émergents reculent fortement. Enfin, vous avez la guerre potentielle entre Israël, les Etats-Unis et l’Iran qui peut doubler le prix du pétrole en une nuit. C’est donc un ouragan parfait : nous pourrions voir un effondrement de la zone euro, un retour en récession des Etats-Unis, un atterrissage brutal de la Chine.”
Bien. Bon. Merci beaucoup Monsieur Roubini. Mais avec tout ça… on fait quoi ?
C’est sans doute la question que vous vous posez (et moi aussi), parce qu’évidemment, vous ne vous êtes pas laissé anesthésier par ces histoires d’emprunts à taux négatif qui prouveraient que nos finances publiques sont dans un état formidable, de replâtrage des banques espagnoles sans passer par la case Etat ou par la danse du ventre autour d’un pacte européen de croissance.
Si vous croyiez à tout cela, vous seriez abonné à Fadaises Economiques ! Donc il va falloir que nous fassions ensemble un tour des dangers de l’été afin de tenter de prévoir les signaux d’alerte précoces et les parades possibles.
Le marché obligataire signale dépression et déflation droit devant
Le mois dernier, j’insistais sur les rendements exceptionnellement bas des obligations. Que croyez-vous qu’il advint ? Ils ont encore baissé ! Les taux du bon du Trésor américain à 10 ans ont atteint 1,459%. A ce tarif, les Etats-Unis ont réussi à placer 21 milliards de dollars.
En France, les médias ont salué unanimement le fait que l’Etat place du papier à trois mois à un taux négatif. Ceci signifie que des gens sont prêts à payer pour que l’Etat français garde leur argent trois mois. Trois mois… heureusement que nous pouvons espérer qu’à trois mois la France sera capable de rembourser cet emprunt !
Ceci ne reflète pas une confiance dans l’Etat français, ceci traduit tout simplement une défiance jamais atteinte dans le système bancaire et les manipulations des marchés obligataires et des changes. Dans la plupart des pays, l’inflation officielle (donc minimisée) est inférieure aux taux obligataires que ce soit à très court terme – ces taux sont même négatifs – ou à 10 ans. Les rendements réels sont donc négatifs.
Celui qui prête à moins de 2% à un Etat perd de l’argent puisque l’inflation atteint ce niveau. Partons du principe charitable que les gens ne sont pas stupides. Le marché obligataire passe d’ailleurs pour le marché le plus intelligent, le plus avisé, loin devant ceux des actions ou des matières premières. Les zinzins (les investisseurs institutionnels) ont donc un bon motif pour mettre leur argent là, plus qu’ailleurs. C’est exact !
Ils craignent la déflation et leur analyse est la suivante :
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un retour en récession et même une dépression s’annoncent. Tous les chiffres de production industrielle qui replongent le confirment ;
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inutile donc d’investir dans les actions ou les matières premières, il faut rester cash ;
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oui, mais les banques sont douteuses donc le cash ne doit pas rester dans les banques ;
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en prêtant à un Etat – qui ne fera pas faillite – je retrouverai mon argent dans sa presque totalité.
Penchons-nous un peu plus sur le troisième point.
Comment savons-nous que les banques sont malades ?
Une des façons de sonder l’avancement de la gangrène du système bancaire était de regarder le montant des dépôts overnight que les banques faisaient à la Banque centrale européenne. Dit simplement, le soir les banques viennent déposer leur cash auprès de la BCE pour le reprendre le lendemain. Elles se livrent à cette opération car elles préfèrent cela plutôt que de prêter de l’argent à des consoeurs qu’elles estiment aussi douteuses qu’elles-mêmes.
Les médias ont largement étalé le scandale du Libor (qui sera probablement suivi de celui de l’Euribor). Le Libor (ou l’Euribor) est le taux auxquels les banques se prêtent entre elles. Ce taux (qui est déterminé à partir d’auto-déclarations des banques) a été manipulé à la baisse car les banques donnaient ainsi l’impression de nager dans le bonheur : se prêtant à des taux très bas, elles témoignaient ainsi de leur confiance mutuelle. Sauf qu’elles ne se prêtaient pas puisqu’elles déposaient leur argent chaque jour à la BCE.

Avec ces dépôts overnight, les banques commerciales se faisaient cependant une petite gratte, puisqu’ils étaient très faiblement rémunérés. Mais la BCE a décidé, avec la dernière baisse de son taux directeur, que cette petite rémunération du taux de dépôt, deviendrait nulle.
Les dépôts overnight ont récemment atteint le chiffre prodigieux de 820 milliards d’euros, et même 809 milliards d’euros la veille de l’annonce de la BCE indiquant qu’elle ne rémunérait plus ces dépôts. C’est plus que durant les phases les plus aiguës des crises précédentes. La situation est intenable, et pour espérer en sortir sans trop de dégâts, il faut vous y préparer dès maintenant !
Faut-il retirer au plus vite l’argent de votre compte ? Faut-il avoir du liquide sur vous ? Faut-il ouvrir un compte en Allemagne, au Canada ? Toutes les réponses à ces questions sont disponibles dès maintenant dans notre rapport spécial “Fin de la Zone euro” ! Pour le commander sans plus attendre, continuez votre lecture…



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