“Le plus gros scandale du système bancaire de tous les temps, ENCORE UN”, voilà comment BusinessWeek qualifie l’affaire du LIBOR.
Le LIBOR, ou London Interbank Offered Rate est le taux interbancaire observé à Londres. C’est-à-dire le taux auquel les banques se prêtent entre elles.
Comment est fixé ce taux et à quoi sert-il ?
Quotidiennement, 16 grandes banques internationales annoncent indépendamment le niveau du taux auquel elles estiment pouvoir emprunter auprès des autres banques, une fois les 8 taux annoncés les plus extrêmes écartés, une moyenne est établie (vous imaginez donc que Barclays n’a pas pu à elle seule influencer ce taux).
Ce taux sert de référence pour quelque 550 000 milliards de dollars d’actifs financiers. Il est utilisé pour définir les taux d’intérêts sur les prêts, comptes d’épargne, hypothèques et produits dérivés (futures, options, swap). Par exemple, une banque peut octroyer un crédit à une entreprise avec un taux variable égal à 2% + LIBOR 3 mois.
Vous remarquerez donc que de changer le taux du LIBOR de 0,05 point pourrait avoir d’énormes conséquences sur notre économie.
Pourquoi manipuler les taux ?
Au coeur de la crise financière, si une banque est fragilisée et que sa solvabilité est remise en question, les autres banques lui prêteront à des taux plus élevés. Voilà d’où lui viendrait l’idée d’orienter le taux à la baisse, pour inspirer confiance à ses créanciers.
D’un point de vu général, manipuler les taux à la baisse en période de crise permet de ne pas contribuer à propager la défiance, voire la panique.
Lorsque l’économie était en bonne santé, pourquoi les banques n’auraient-elles pas été tentées d’orienter les taux LIBOR à la hausse pour prêter à des taux d’intérêts plus élevés et ainsi optimiser leurs profits ? Au point où nous en sommes…
Et l’EURIBOR dans tout ça ?
L’équivalent du LIBOR pour la Zone euro aurait également été manipulé, l’enquête est en cours et des banques françaises pourraient en faire les frais.
Comme nous le disions ci-dessus, le LIBOR et l’EURIBOR définissent entre autres le taux des hypothèques. Si les taux sont manipulés à la baisse, nous ne sommes pas à l’abri d’une remontée brutale. Ce qui pourrait provoquer une hausse des défauts des emprunteurs à taux variables. C’est le cas des emprunteurs espagnols. Les banques ibériques seraient donc à nouveau affectées.
Intéressons-nous plutôt aux actifs dont la valeur ne dépend pas de la confiance. Jean-Claude Périvier va vous parler de terres agricoles.
Nous aurons également rendez-vous avec Marc Mayor qui nous parlera d’inflation.



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