Italie : too big to fail ?

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Par John Stepek

L’Italie, nouvelle “bombe à retardement”, déclare Capital Economics. A première vue, l’Italie semble mieux lotie que la plupart des pays européens. Ses banques apparaissent relativement bien capitalisées. Son déficit budgétaire est fixé à seulement 2,4% du PIB cette année, moins d’un tiers de la Grande-Bretagne — 8% — par exemple ou de la France dont le déficit s’élevait à 5,2% en 2011.

Mais même si la dette globale italienne ne subit pas une aggravation rapide, elle représente déjà 120% du PIB. Le pays est donc particulièrement vulnérable à la hausse des taux, comme c’est le cas maintenant. La récession s’aggrave et les investisseurs sont inquiets car il y a peu d’espoir de croissance pour aider à diminuer cette montagne de dettes dans un avenir proche.

Il y a aussi une résistance croissante, “de la part des politiques, des hommes d’affaires, des syndicats et autres groupes d’intérêt, à tout effort sérieux de … réforme économique“, explique Bill Emmott dans The Times, “le même genre de résistance qui explique pourquoi la dette du pays n’a jamais été correctement maîtrisée“.

Le Premier ministre, M. Mario Monti, qui a dirigé un gouvernement de technocrates pendant les sept derniers mois, a dû mettre de l’eau dans son vin en essayant de réformer les lois du travail rigides et n’a eu que de maigres succès dans le processus de libéralisation de divers secteurs économiques.

En résumé, les perspectives de l’Italie de retrouver la croissance — et ainsi de maintenir sa dette sous contrôle — ont reculé. A l’approche des élections, la dynamique de réformes sera remise à plus tard. Pour compliquer les choses, des voix comme celle de l’ancien Premier ministre Silvio Berlusconi commencent à s’élever pour demander un débat sur une possible sortie de la Zone euro.

Les marchés obligataires ne peuvent donc pas s’attendre à une poursuite des réformes économiques de la part de Mario Monti, “et ils n’ont aucune idée de ce que sera la décision du futur gouvernement italien concernant la poursuite ou non des réformes et de son positionnement vis-à-vis de l’euro dans quelques mois“, dit Bill Emmott.

Ce n’est guère rassurant, surtout si l’on garde à l’esprit que l’Italie est la troisième plus grande économie de l’Europe. “Il ne serait pas surprenant que l’Italie tombe entre les mains de ses créanciers internationaux sous peu“, constate Fxpro.com.

Mais si, comme cela semble probable, l’Espagne doit être sauvée et fait appel aux institutions européennes pour un plan de sauvetage… il ne resterait alors rien dans les caisses pour couvrir le risque qu’une faillite de l’Italie représente. La troisième puissance économique d’Europe est bien too big to fail… mais pour autant qui aura encore les moyens de la sauver ? Probablement personne…

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  1. Taux négatif pour la France : qu'en déduire ? | Protection Rendements

    [...] Justement, nous allons nous intéresser dans quelques minutes à l’Italie. Car si la Grèce, l’Espagne et maintenant Chypre se disputent la vedette, elles ne sont pas les seules à menacer la Zone euro. En façade l’Italie semble sur le bon chemin mais qu’en est-il vraiment ? [...]

    11 juillet 20124:41

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