Marché de l’art : attention au vol !

leadimg

Par Denis Sarget, rédacteur du rapport Devenez un collectionneur avisé

Il y a quelques mois, j’ai reçu de la part d’un lecteur, un e-mail qui soulevait une question très importante dans le marché de l’art : “Dans l’art, comment être certain qu’une oeuvre n’a pas été volée ?

Il faut savoir qu’il existe différents types de répertoires mis en place par la police ou certaines institutions telles que Drouot pour lister les oeuvres volées. Cependant, leur consultation est payante et reste très coûteuse dans le cas d’un collectionneur particulier.

Effectivement, il y a toujours dans le marché de l’art une incertitude concernant les objets ; ceux-ci peuvent avoir été volés, parfois il y a fort longtemps. Dans l’hebdomadaire Le Point du 26 avril (p. 99), par exemple, il est mentionné qu’une miniature (portrait de Houdon) volée en 1924 au musée de Caen, a été repérée et retirée de la vente dans une vacation sans catalogue de Drouot, où, sans l’érudition d’un marchand, elle aurait pu partir pour quelques dizaines d’euros.

Il est à noter d’ailleurs que les professionnels du marché de l’art n’ont nulle obligation d’effectuer une recherche à cet égard et d’établir un quelconque pedigree des oeuvres qu’on leur apporte, ce qui aboutirait rapidement à un blocage du marché de l’art. Ils sont tenus en revanche de vérifier l’identité de leur vendeur, de le régler en respectant les lois en vigueur, et, en France au moins, de noter l’objet, préalablement à sa vente, sur un registre spécial (le livre de police).

Si les professionnels de l’art ne sont pas normalement obligés de confronter les objets qu’on leur propose avec les listes d’objets volés, les acquéreurs éventuels sont encore moins tenus de le faire !

Une telle démarche se heurte d’ailleurs à des difficultés. Les listings d’objets volés sont le plus souvent payants et généralement onéreux. Ils ne sont absolument pas exhaustifs et ne concernent, au final, qu’une petite minorité des objets dérobés… Les photos sont souvent de mauvaise qualité et ils sont inopérants pour les objets produits à de nombreux exemplaires (bronzes, timbres, monnaies, une large part du mobilier et des arts décoratifs, etc.). Enfin, leur lecture est difficile, et, personnellement, j’avoue que j’ai bien du mal à y consacrer mon attention bien longtemps.

C’est pourquoi, plutôt que de conseiller ces listings finalement d’un usage difficile, je préfère orienter mes lecteurs vers le statut qui les protégera un maximum contre le risque des objets volés, à savoir devenir un acquéreur de bonne foi. Comme je l’explique dans mon rapport, privilégiez l’achat dans les ventes publiques, salons, antiquaires, etc. Et bien sûr, exigez une facture, effectuez le paiement selon les règles en vigueur.

Concernant la Belgique, à laquelle notre lecteur fait allusion, il y a effectivement un nombre important d’objets volés sur le marché de l’art. La raison en est, entre autres, la particularité, par rapport à la France, de la notion de recel. En France, même si un objet a été volé il y a fort longtemps, vous pouvez être accusé de recel si vous ne réussissez pas à prouver que vous êtes un acquéreur de bonne foi. C’est ainsi que le plombier de Picasso est mis en cause plus de 40 ans après les faits présumés, puisqu’il ne paraît pas pouvoir prouver la donation éventuelle de l’artiste espagnol. En Belgique, il n’aurait pas été inquiété, le recel se prescrivant en cinq ans après le vol.

Un commentaire
Laissez un commentaire »

  1. bessiere sur 20 juin 2012 à 1:36

    Mr SARGET

    connaissez vous artprice?

Laissez un commentaire

En soumettant votre commentaire, vous acceptez de respecter notre politique de commentaires.