A la fin de la lecture de cet article, vous n’aurez peut-être qu’une idée en tête : arrêter immédiatement toutes vos activités et vous précipiter dans votre agence bancaire pour retirer le maximum de liquidités… et ainsi sauver des années de travail et d’épargne. Et puis enterrer tout cela dans votre potager (si vous en avez un) ou dans vos balconnières. Personnellement, j’y ai même planté des cactus pour m’assurer que personne ne viendra y dénicher ce que j’y ai enterré.
Mais pas de panique… voyons d’abord ce qu’il en est.
Tout a commencé avec la Grèce, eh oui, comme d’habitude. Les mythes y trouvent leur source. La philosophie et l’art aussi. Les crises aussi, il n’y a pas de raison.
Donc, depuis plusieurs mois, les Grecs sont pris de doutes quant à la fiabilité de leurs banques – nous n’allons pas leur jeter la pierre – et retirent leurs économies pour les placer à l’étranger ou dans des biens matériels (immobilier, or, etc.). Fin mars, et sur un an, les dépôts dans les banques grecques avaient chuté de 17%. Et depuis 2010, 72 milliards d’euros ont pris la clé des champs.
Cette tendance s’est accélérée ces derniers jours alors qu’une sortie de la Grèce de la zone euro se précise (et semble souhaitée par tout le reste de l’Eurozone). La semaine dernière, c’est 1,2 milliard d’euros qui ont été retiré des banques.
Les Grecs n’ont aucune envie de voir leurs euros déposés en banque être transformés en drachmes… qui ne vaudront plus grand-chose (à part le prix du papier qui aura servi à les imprimer). Et le bank run s’auto-entretient. Si votre voisin vous dit qu’il a vidé son compte bancaire, il y a de grandes chances pour que vous décidiez de prendre rapidement exemple sur lui.
Contagion ?
Le cas grec est plié. Les banques helléniques étaient déjà dans un fort mauvais état, la fuite des déposants devrait leur porter le coup de grâce. Un pas de plus vers la sortie de la Grèce de la zone euro.
Mais qu’en est-il dans le reste de l’Europe ? Des rumeurs persistantes font état d’un début de bank run en Espagne, au Portugal et même en Italie.
Commençons par l’Espagne. Les banques du pays sont dans une situation dramatique.
Si bank run il y a, ce n’est pour l’instant encore qu’une petite balade de santé. Sur un an, les dépôts ont – seulement – chuté de 4,3% (41 milliards d’euros). Mais le phénomène semble s’accélérer ces derniers jours, malgré les démentis du gouvernement et des responsables bancaires espagnols.
Ce qui inquiète les autorités espagnoles et européennes, c’est le recul des capitaux étrangers en Espagne, qui ont décliné de 140 milliards d’euros.
Pour ne rien arranger, personne ne connaît vraiment le réel état de santé des banques espagnoles ; la valeur des dettes pourries qu’elles détiennent a été revue à la hausse de plus de 30% l’année dernière. En cause, non seulement des créances douteuses sur l’immobilier mais aussi la faillite ou le défaut de paiement de très nombreuses petites entreprises. Progressivement les banques espagnoles sont coupées de leurs sources de revenus.
L’Espagne n’est pas la seule concernée. Un rapport de Citi nous apprend qu’en Grèce, au Portugal et en Irlande, les dépôts étrangers ont chuté en moyenne de 52% et la détention d’obligations souveraines de 33% par rapport à leur plus haut.

Pour essayer de contenir la contagion, la zone euro envisage la mise en place d’un fonds de garantie européen qui prendrait le relais des fonds de garantie nationaux. Objectif : rassurer les déposants, aussi bien internes qu’externes à la zone euro, sur la sécurité de leurs dépôts.
Et en France ?
Pour l’instant, pas de panique à signaler. Ce qui ne vous empêche pas de chercher la sécurité. Dans sa dernière Stratégie, Simone Wapler s’est intéressée aux banques et à la sécurité de votre argent en cas de panique dans la zone euro : “La bancarisation a donné naissance à ces mégas banques dites too big to fail. Ce sont classiquement les banques de réseau, qui ont multiplié les agences pour capter la clientèle”.
“Ces banques trop grosses sont dites systémiques puisque la défaillance de l’une d’elles entraînerait un cataclysme. Chaque compte bancaire que vous ouvrez est garanti à hauteur de 100 000 euros. Il en va de même pour les comptes-titres. En revanche, les contrats d’assurance-vie sont garantis à hauteur de 70 000 euros par contrat auprès de chaque compagnie. Or ces fonds de garantie ne sont faits que pour couvrir la défaillanced’une petite banque ou d’une petite agence, mais pas celle de tels monstres“.
“Cependant pour un compte-courant qui se remplit et se vide tous les mois, une grande banque de réseau convient très bien. Il est fort probable que justement, étant trop grosse pour faire faillite, elle sera renflouée par l’Internationale des Contribuables. En cas de faillite de la France ou d’explosion de la zone euro, vous seriez certes temporairement gêné en n’ayant pas accès à votre compte ou à un éventuel coffre. Mais rien de dramatique si vous avez prévu l’équivalent de un à trois mois de cash stocké chez vous pour couvrir vos dépenses courantes (comme je vous le conseille depuis le début).
Reste le cas de gros dépôts (cas d’une vente d’un bien immobilier, d’un bien professionnel) ou d’un important volume d’épargne. Dans ce cas, vous devez choisir une banque dans laquelle vos dépôts sont en sécurité“.
“Une banque de petite taille, qui prête peu et dispose de beaucoup de fonds propres pour couvrir ses risques. On n’a rien sans rien. Ce que vous n’aurez pas avec une telle banque : des agences partout, des prêts à tout-va, du crédit revolving et une interface de banque en ligne révolutionnaire. Ce que vous aurez : la disponibilité de votre argent sans avoir à le ‘commander’ par avance, pas d’automates mais des vrais gens quand vous vous déplacerez”.
Alors comment choisir sa banque pour de gros dépôts ? Retrouvez les conseils de Simone dans le dernier numéro de sa Stratégie. Pour en savoir plus…
Et si vous avez des questions, des doutes et des interrogations sur les choix à faire pour protéger vos investissements, sur les conséquences de la crise de l’euro sur votre argent, sur votre banque ou votre assureur-vie, n’oubliez pas que nous organisons le 22 juin prochain une journée entièrement consacrée à votre patrimoine. Vous pourrez y rencontrer de nombreux spécialistes du patrimoine et de l’investissement – dont Simone Wapler et Charles Sannat – et leur poser directement vos questions.
Pour réserver votre place, c’est ici…
Première parution dans la Quotidienne d’Agora le 31/05/2012.



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