L’avenir de l’Union européenne une nouvelle fois remis en question

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leadimg

On peut effectivement parler de l’avenir de l’Union européenne, car les risques pèsent toujours sur l’Europe, sur certains de ses pays fragilisés mais aussi sur l’euro. La dette souveraine européenne continue de plus belle à faire parler d’elle et sème le désordre sur les places financières. La nouvelle menace pour l’euro : les banques espagnoles !

La pire menace actuelle pourrait provenir d’Espagne, notamment de ses banques. Même le FMI a fait part de ses inquiétudes sur l’Espagne, considérée désormais comme le maillon faible de l’Europe.

La situation est extrêmement difficile, comme l’a reconnu Mariano Rajoy lui-même. Les perspectives sont dures et les attentes européennes difficiles à tenir. Jugez par vous-mêmes : l’objectif de déficit pour 2011 était à 6%. Il est finalement ressorti à 8,5%. L’Eurogroupe a fixé un nouvel objectif pour 2012 à 5,3% alors qu’il avait été initialement fixé à 4,4%. Mais comme le PIB espagnol est continuellement revu à la baisse pour 2012, cet objectif paraît une fois de plus intenable. Les collectivités territoriales sont au bord du gouffre, entraînant dans leur sillage les banques régionales. Malgré ses dénégations actuelles et ses propos qu’elle veut rassurants, l’Espagne pourrait bien être obligée de faire appel à l’Europe — vous savez, le fameux MES (Mécanisme européen de solidarité) mis en place le 1er juillet que tout le monde a salué vu les 800 milliards alloués. Mais si l’Espagne commence à y faire appel, d’autres pourraient suivre (l’Italie, la France)… Et là, le MES sera bien insuffisant.

L’Espagne a des besoins immédiats pour 2012. Après les premières échéances ce trimestre, il reste encore 44 milliards à trouver pour la fin de l’année. Or la sanction, tombée mardi dernier, fut rude : les taux sont montés à 6% – vendredi, ils s’étaient légèrement détendus à 5,82%. Les annonces d’une nouvelle coupe budgétaire de 10 milliards sur l’éducation et la santé viennent s’ajouter aux 27 milliards déjà prévus ; ils ne vont pas améliorer le redémarrage économique, bien au contraire.

Les petits pays européens dont on parlait moins ces derniers temps refont également surface. Irlande, Portugal, sans être aux abois, commencent à faire grise mine. L’Irlande vient de demander à sauter une échéance de remboursement de trois milliards, ce qui embarrasse bien la BCE dans son action. Tiens, tiens… l’impression monétaire aurait besoin d’être réactivée pour aider les pays à nouveau en difficulté ; l’Allemagne s’y opposera évidemment. Un référendum sur le nouveau traité budgétaire se tiendra en Irlande le 31 mai prochain et sera suivi de près par les marchés.

Côté portugais ? Même si les autorités continuent à écarter tout besoin d’aide européenne, certaines tensions ressurgissent en arrière-plan. D’après un responsable de l’association des municipalités portugaises, si le gouvernement ne fait rien, le défaut pourrait être de neuf milliards — d’autres analystes évoquent plutôt 12 milliards. Je vous rappelle au passage que ces dettes municipales sont détenues par les banques nationales. Qu’il s’agisse de venir en aide aux municipalités ou aux banques revient donc au même. L’appel à l’aide à l’Europe et son mécanisme de stabilité deviendra bientôt incontournable.

Venons-en aux grands pays du sud, l’Italie et la France. On a suivi avec quel dynamisme Mario Monti avait fait des coupes franches et des réformes structurelles en Italie. Les retraités italiens s’en mordent les doigts. Et des milliers de PME sont en passe de faire faillite, ce qui n’arrangera pas la situation à moyen terme. Mais, pour le moment, l’Italie ne devrait pas être le déclencheur d’une nouvelle crise comme on a pu l’imaginer il y a quelques mois. En revanche, toute attaque d’ampleur sur un autre pays pourrait fragiliser l’Italie.

Nous arrivons à la France qui est en pleine période électorale. Beaucoup de promesses de la part de chacun, mais aucune réelle volonté de réduire les déficits. Les marchés ne sont ni de droite ni de gauche, mais ils sont prêts à sanctionner tout écart de trajectoire sur le chemin de la réduction de la dette et des déficits.

Création d’un nouvel instrument de liquidité et/ou de spéculation
Depuis lundi, un nouveau contrat à terme a été lancé sur la dette française sur les marchés. Ce type de produit permet de prendre un engagement d’acheter ou de vendre une quantité d’OAT (emprunts d’Etat français) à un prix et à une date fixée à l’avance.

Pour certains cela représente de la liquidité sur le marché de la dette. D’autres pourraient le considérer comme un instrument de spéculation. La création d’un tel produit, facile, pas cher, avec fort effet de levier, permet aussi de vendre à découvert de la dette française à huit jours des élections… De là à voir la théorie du complot resurgir, il n’y a qu’un pas que certains ont déjà franchi. Les futures semaines qui arrivent risquent d’être bien agitées.

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Frédéric Laurent

Diplômé d'un DESS de Gestion Internationale de Fortune, Frédéric Laurent exerce ses activités de conseil et gestion depuis une vingtaine d'années. Il a choisi de se mettre efficacement au service de l'investisseur particulier – bien souvent mal conseillé par les institutionnels. C'est dans ce but qu'il a rejoint les Publications Agora.

Pour lui, la Bourse n'est pas un jeu de hasard mais bien un placement qui vous permet de sécuriser vos biens. Pour votre prospérité boursière, il déniche des valeurs sûres, qui ont fait leurs preuves. Son but est de vous doter d'un portefeuille diversifié, sain et dans une optique long terme.

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  1. Félicitations : la France est deuxième... | Protection Rendements

    [...] un instant, vous retrouverez Frédéric Laurent qui reviendra pour vous sur la mauvaise passe dont semble ne plu…. Il vous parlera aussi du nouveau contrat sur la dette française émise par Eurex. Vous êtes [...]

    18 avril 20122:12

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