Immobilier : 5 raisons pour que la pierre coule en 2012

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L’immobilier va commencer à baisser, nous disent les statistiques. La demande de crédit immobilier a déjà diminué de 16% au troisième trimestre 2011 par rapport au troisième trimestre 2010. Michel Mouillart* dans LaVieImmo prévoit une baisse de la demande de prêts immobiliers de 8% en 2011 et de 16% en 2012.

Quel sera l’effet de la baisse du crédit sur les prix, vous demandez-vous ? Difficile à quantifier à ce stade, sera ma réponse de Normand, mais ce sera probablement violent.

Cinq causes se cumulent pour pousser les prix de la pierre à la baisse :

  • La recapitalisation des banques
  • Un train de mesures fiscales
  • Le retour en récession (ou croissance nulle)
  • Des marchés boursiers désastreux
  • La possible perte du triple A français

Par rapport aux autres périodes de recul (1980-1985 ; 1990-1995 et 2010) c’est une conjonction rarement vue. On demande aux banques d’augmenter leur ratio de solvabilité. Mais un ratio est, comme nous l’avons appris sur les bancs de l’école, une fraction avec un haut et un bas.

En haut, ce sont les capitaux. Ils sont plus difficiles à trouver et plus chers puisque les banques sont en concurrence entre elles, avec les Etats et les assureurs qui tous ont les mêmes besoins. La solution de facilité c’est de baisser le bas, c’est-à-dire les engagements, ou encore les prêts accordés.

C’est ce que font actuellement les grands réseaux bancaires. De nombreux témoignages attestent que, depuis la fin de l’été, ils se sont fermés comme des huîtres aux nouvelles demandes de prêts immobiliers.

Le train de mesures fiscales concerne le prêt à taux zéro – qui sera désormais limité aux logements neufs – et la nouvelle taxation aux plus-values. Dans le premier cas, on limite la demande par le bas, puisque le nombre de nouveaux propriétaires va se trouver réduit. Dans le deuxième, on augmente l’offre en poussant de nombreux propriétaires à mettre des logements sur le marché avant l’application de la nouvelle taxation.

Le retour en récession va freiner l’appétit pour un logement plus grand face à la peur du chômage. Faut-il rappeler que le 0,8% de croissance prévu par le budget 2012 a été jugé excessivement optimiste par la Commission européenne qui prévoit plutôt 0,2%, autant dire du “bruit statistique”.

Le marché immobilier est lié au marché boursier car les Français aiment traditionnellement recycler les plus-values de leurs actions dans la pierre. Hélas, hélas, depuis 2008, on ne peut pas dire qu’il y ait beaucoup de plus-values à investir.

La possible perte du triple A français aura deux conséquences : augmenter violemment les taux longs et pousser les banques à recapitaliser encore plus que prévu. Retour à la première case et à notre fameux ratio de solvabilité.

Est-ce pour autant dramatique ? Non ! Si vous avez acheté un toit en empruntant à taux fixe dans de bonnes conditions, tant mieux. Lorsque vous voudrez vous agrandir, peu importe que les prix aient monté ou baissé, vous échangerez 1 m2 pour 1 m2. Seul compte votre apport complémentaire et avec celui-là vous aurez plus de m2. En attendant, le prix de votre logement n’est pas affiché sur sa porte tous les jours (contrairement à une action cotée).

Si vous achetez pour donner en location, vous obtiendrez des rendements bien plus sains que ceux qui ont prévalu.

La déflation, comprise comme une baisse du prix des actifs, n’est donc pas toujours dramatique. Et n’oubliez pas un grand principe patrimonial : à long terme – à l’échelle d’une vie d’investisseur – la pierre résiste. Car la déflation ne dure jamais longtemps avec des monnaies papiers que l’on imprime. Et l’inflation reprend vite le dessus.

 

* Professeur d’Economie à l’université de Paris X – Nanterre, directeur scientifique de l’Observatoire de l’Endettement des Ménages, direction scientifique de l’Observatoire du Financement du Logement de CSA.

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Simone Wapler

Rédactrice en Chef de L'Investisseur Or et Matières et de La Stratégie de Simone Wapler
Ingénieur de formation, Simone Wapler a quitté depuis plus de 13 ans le secteur de l'ingénierie aéronautique pour se concentrer sur les marchés boursiers. En 2001, elle entre aux Publications Agora -- groupe de presse et d'édition spécialisé dans la recherche et les conseils financiers – dont elle prend la direction éditoriale en 2011. Son expertise sert aujourd'hui, non pas la cause des multinationales ou des banquiers, mais celle des particuliers.

La force de Simone Wapler, c'est son indépendance. Attention, elle n'est pas pour autant isolée, elle reste connectée en permanence à un réseau de spécialistes iconoclastes unique au monde : Agora Inc. Mais Simone ne se contente pas comme beaucoup de collecter les informations officielles et de les relayer... Non, elle va au charbon -- et utilise sa puissance d'analyse pour décrypter elle-même l'actualité, chiffres à l'appui, afin d'apporter une véritable plus-value d'information à ses lecteurs, sous une forme simple et sans jargon.

C'est simple, elle a été parmi les premiers à s'intéresser à l'or et à prédire sa hausse continue. Elle a mis en garde le grand public -- bien avant la presse généraliste -- de l'explosion de la bulle internet en 2000... des dérèglements financiers mondiaux de l'après 11 septembre 2001... de la bulle des junk bonds de 2001... de la bulle immobilière américaine en 2007... de la crise des dettes souveraines dès fin 2009...

Plus récemment encore, elle a averti ses lecteurs du risque pesant sur les obligations grecques, espagnoles ou portugaises – ou sur de nombreux placements autrefois sûrs, et désormais à fuir. Elle n'a pas attendu pour cela la dégradation des notes souveraines de ces Etats ou encore celle, en juin 2012, de grandes banques comme la Société Générale ou BNP Paribas.

Simone Wapler travaille tous les jours pour vous permettre d'avoir un temps d'avance sur les autres et vous aider à protéger votre capital contre les dangers qui le menacent.

Elle est également rédactrice en chef de L'Investisseur Or et Matières et de La Stratégie de Simone Wapler.

2 Commentaires
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  1. Patrick-Louis Vincent sur 12 décembre 2011 à 5:24

    La suppression du taux zéro n’aura que peu d’incidence. D’abord, parce le taux zéro ne s’appliquait que sur une toute petite partie du prêt total. Rallonger la durée du crédit de quelques mois suffira à compenser les intérêts supplémentaires.

    Certes, il n’y a pas eu beaucoup de rendements que les investisseurs ont pu mettre dans la pierre. Mais, en revanche, il y a de nombreux petits investisseurs qui ont quitté la bourse quand elle baissait et qui placent leur capital dans la pierre. Idem pour les tenants d’assurance-vie qui rachètent leurs capitaux pour les placer dans l’immobilier.

    Enfin, la demande, en France, reste très forte, du fait de la démographie croissante.

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